Je n'ai jamais su par les autr' me faire plaindre
Peut-êtr' parce que j'ai dû toujours affronter
ce qui m'était contrair' sans Mère pour m'étreindre
Elle était Là mais sur Ell' ne pouvait compter.
Affronter la vie comme si j'étais orpheline,
et pourtant me soumettre à son autorité,
à cet Oeil noir qui, du haut de la tour, domine
toutes mes allées et venues dans le quartier.
Surveillanc' rapprochée pour ma sécurité !
J'obéissais comme j'l'avais appris au cathé.
Je n'ai jamais su par les autr' me faire plaindre
Ne pas me victimiser, surtout ne pas geindre !
Nous somm' des Femmes fortes n'avons RIEN à craindre
Je n'avais pas compris qu'il s'agissait de feindre :
ma Mèr' jouait au Super-Héros imbattable,
Responsable de TOUT, surTOUT infatigable !
Pas de place pour la musique ou bien les fables...
Il fallait être la Mèr', la Prof, ADMIRABLE !
Je ne trouvais pas ma place dans ce schéma
Pas du tout manuelle, plutôt intellectuelle,
je ne savais pas fair' grand chos' de mes 10 doigts !
De plus, j'ai un handicap au niveau visuel...
Je n'ai jamais su par les autr' me faire plaindre
Les habitudes enfantines se sont ancrées
et bien que je n'ai plus l'avis des autr' à craindre,
je ne parviens que rarement à m'épancher.
Vulnérable je me sens peut-être en danger
et ma souffrance je préfère la cacher
car je crois que j'ai toujours peur d'importuner
ou perturber cell' celui qui va m'écouter.
Alors armée de mon stylo et de papier
et sur ma langu' les mots rimés tels des épées
je provoque en duel mon intériorité
pour l'origin' de ma Douleur exterminer !
Lau PHILO
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